La veille, nous avions été arrêtés dans la rue principale de Mystic. Arrêtés comme dans les films: voiture de police aux gyrophares rougeoyant et bleutés, flic blond et bedonnant, jeune encore, qui ne souriait pas. L’accent français de l’Homme dut cependant l’émouvoir: il se contenta d’un avertissement. Etonnant, étant donné que nous avions été surpris en pleine infraction; je ne suis pas sûre que ses confrères helvétiques en auraient fait autant (sauf si Miss Crumpet avait été au volant, avec son charming english accent).
Bref, traumatisées par cette intense expérience, ladite Miss Crumpet et moi-même fîmes montre d’une extrême attention sur la monotone autoroute de Boston, le lendemain. C’est-à-dire que je me concentrais pour repérer les voitures de polices banalisées, tandis que Crumpet poussait régulièrement de légers cris d’effrois censés m’avertir d’un éventuel danger de circulation.
Il va sans dire que nous arrivâmes saines et sauves à Boston, sans maréchaussée à nos trousses.
Boston… Ses librairies, son université, ses musées. Ses boutiques vintage… Aussi incroyable que cela puisse paraître, nous nous contentâmes des premières, avec toujours le même scénario: tandis que j’essaie de repérer les ouvrages de mon niveau (= les comics et les “french books”), Miss Crumpet disparaît dans les travées à la recherche de bouquins d’anthropologie et de cuisine, qu’elle finit par dévorer sur place sans même prendre le temps d’enlever son écharpe, avant de les acheter, (presque) tous.
J’aime, décidément, les librairies (indépendantes) américaines. Outre que certaines font aussi office de “coffee shop”, elles dégagent une atmosphère conviviale, l’impression d’un chaos gentiment entretenu, d’être chez soi. L’ameublement est parfois vieillot, on manque d’espace, il est permis de s’asseoir et de lire, par terre ou dans des fauteuils quand la place le permet. A côté des caisses il y a des chocolats FairTrade, des aimants pour frigo et des mini casse-têtes. Ces librairies-là donnent envie d’y rester, ça bouquine et ça papote dans les allées, ça bruisse et ça bourdonne. Une grande ruche du livre.
Etre libraire dans ces endroits-là doit être excitant et très mal payé. Y a-t-il beaucoup de vocations? La veille de notre excursion Bostonienne, nous avons accompagné le Hollandais Volant dans une kermesse d’école où le parent d’élève standard est catholique et républicain – autant dire que notre Flying Dutchmann n’y était pas dans son élément (nous non plus, d’ailleurs). En consultant un livre de classe, j’ai découvert avec fascination les carrières envisagées par cette élite naissante (treize ans): avocat ou médecin. C’est à peu près tout, les demoiselles rajoutant systématiquement qu’elles souhaitent se marier et avoir des enfants (aucun garçon n’ayant émis ce désir, on se demande comment cela va se faire – en promouvant activement le mariage gay et l’adoption par les couples ainsi formés?). Quant aux futurs libraires, eh bien il n’y en a pas.
Le temps et les rencontres feront les vocations… On les dénichera peut-être aussi parmi les écureuils, car le squirrel bostonien semble fasciné par les livres. Les magnifiques (!) photos ci-dessous décrivent l’approche de l’un de ces individu, qui s’en vint fouiller dans mon sac. Il ne dut pas en apprécier le contenu, car il s’en fut très vite, préférant la poubelle. Que l’on soit rat de bibliothèque ou écureuil de librairie, on n’en reste pas moins un rongeur…
Et pour découvrir les impressions (ou les achats?) de Miss Crumpet, c’est là… (Miss Crumpet ayant glâné tous les flyers sur les musées bostonien, elle sera ravie de répondre à vos questions à ce sujet, même si nous n’avons mis les pieds dans aucun…)








O mais zut alors ! J’ai laissé tous les flyers des biens culturels de Boston chez vous… Pour toute question au sujet des hasards multiples des autoroutes américaines par contre, ou comment répondre aux gentils state troopers (“oh really?, that fast? gosh, I would never have guessed”), je suis votre experte.
hihi! donc, vous rouliez trop vite!? Il ne doit pas y avoir les mêmes limitations de vitesse qu’en Belgique ou en Suisse ici! heureusement que le monsieur était gentil, un petit accent frenchie, ça le fait toujours:-))
C’est tellement attendrissant: visiter l’Amérique… pendant qu’elle existe encore… C’est une idée si romantique! Et que de souvenirs à poser sur les feuillets des livres d’histoire du futur!